C’est désormais officiel. Carole Guillerm a annoncé ce jour sa candidature aux élections municipales de mars 2026 à Châtillon, à la tête d’une liste qu’elle présente comme un rassemblement du centre et de la droite. Une annonce qui intervient à seulement deux mois du scrutin, dans un contexte politique local déjà marqué par de fortes incertitudes au sein de l’opposition.
Une candidature tardive dans un calendrier déjà contraint
Le calendrier interpelle. Alors que la campagne municipale est engagée depuis plusieurs mois et que les équilibres politiques se dessinent progressivement, Carole Guillerm choisit de se lancer très tardivement, après le retrait de Patrice Hauchard pour raisons de santé, qui devait initialement être l’un des chefs de file de l’opposition.
Ce lancement tardif pose inévitablement la question de la capacité à structurer une campagne solide, à présenter une équipe complète et à faire connaître un projet municipal détaillé dans un laps de temps réduit.
Un espace politique déjà occupé à droite et au centre
Cette candidature intervient également dans un paysage politique où la droite et le centre disposent déjà d’un candidat déclaré. William Thay s’est en effet officiellement positionné depuis plusieurs mois comme candidat de l’Union de la droite et du centre, et mène une campagne active depuis près d’un an.
Cette situation soulève la question d’une dispersion des candidatures sur un même espace politique, susceptible d’affaiblir l’opposition face à la majorité sortante.
Un socle politique affaibli depuis 2020
Autre élément notable : une partie importante des colistiers de Carole Guillerm lors des élections municipales de 2020 s’est progressivement éloignée d’elle au cours de la mandature. Plusieurs d’entre eux ont depuis rejoint les deux autres listes actuellement en campagne, contribuant à fragiliser le socle humain et politique sur lequel elle s’appuyait lors du précédent scrutin. Le retrait pour raison de santé de Patrice Hauchard a également entrainé le retrait de cette campagne des militants qui le soutenaient, fragilisant également la candidature de Carole Guillerm.
Cette évolution pose la question de la capacité de la candidate à reconstituer une équipe cohérente et durable, alors même que le temps manque pour consolider une dynamique collective.
Un discours de rassemblement déjà connu
Dans son document de candidature, Carole Guillerm affirme vouloir placer « Châtillon d’abord », évoque la nécessité d’un projet clair, rassembleur et tourné vers l’avenir et critique la gestion de la majorité sortante sur plusieurs thèmes récurrents : sécurité, finances publiques, urbanisme ou encore services municipaux.
Des axes déjà largement portés ces dernières années par l’opposition municipale, sans qu’ils n’aient, jusqu’ici, permis de dégager une alternative politique durablement unifiée.
Une présence municipale régulièrement questionnée
Si Carole Guillerm met en avant son engagement politique et institutionnel, sa présence effective dans la vie municipale châtillonnaise a régulièrement été pointée du doigt. Très souvent absente ou représentée par procuration lors des conseils municipaux, son ancrage local demeure un sujet de débat récurrent, y compris au sein de l’opposition.
Par ailleurs, son parcours marqué par des responsabilités nationales et régionales, ainsi que des candidatures répétées à différents scrutins, nourrit chez certains observateurs l’image d’un engagement politique davantage tourné vers les échéances électorales que vers le suivi quotidien des dossiers locaux.
Une opposition toujours fragilisée à l’approche du scrutin
Cette annonce confirme les difficultés persistantes de l’opposition châtillonnaise à se structurer. Entre candidatures multiples, annonces tardives, recompositions internes et départs d’anciens soutiens, le camp de la droite et du centre apparaît plus que jamais divisé avec cette annonce à un moment clé de la campagne.